Dans la Forêt de David Tudor (5)

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Carrés bpi.

Dans la Forêt de David Tudor (5)

Thierry Madiot, Thomas Tilly, Ollivier Coupille

Le 23 septembre à 20h dans l’Espace Musique de la BPI du Centre Pompidou

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Les bruits du vent, du feu et de l’eau sont là encore quand nous ne serons plus, on peut dire qu’ils nous contemplent depuis le futur. Dans une forêt beaucoup d’êtres, les mousses et les lichens, les araignées et d’autres insectes, les fougères, les champignons, les arbres, vivent ensemble, chacun à leur tempo. Dans The Mushroom at the end of the World – On the possibility of life in capitalist ruins – Anna Lowenhaupt Tsing écrit qu’elle est à la recherche d’écosystèmes basés sur la perturbation dans lesquels beaucoup d’espèces vivent parfois ensemble sans qu’il soit question d’harmonie ni de conquête. Dans la forêt de Tudor on explore la matière au moyen des sons — on s’approche d’une forme d’écholocation pour ainsi-dire. C’est l’occasion de se souvenir que les fonctions auditives ont leur origine dans les fonctions d’équilibration et d’orientation qui semblent étroitement liées chez les poissons avec la fonction tactile […] comme l’écrit Maurice Pradines. David Tudor disait à propos de Rainforest que la pièce s’enseigne d’elle-même parce qu’on découvre comment programmer le dispositif en écoutant ce qu’il aime recevoir. C’est la réponse des « objets » à certains stimuli, la résonance, qui nous guide ou nous incite à agir. 

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Informations:

https://openagenda.com/lutherieurbaine/events/installation-sonore-concert-dans-la-foret-de-tudor?lang=fr

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TRAMA

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Trama page travaux en cours

Trama

Allée des charmes
Dans le Parc des Guilands à Bagnolet
Du 9 au 23 septembre 2017 de l’aube au soir

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Quand j’ai commencé à travailler dans la forêt il y a quelques années, j’avais surtout besoin de place et de lumière pour installer des oscillateurs miniatures (générateurs de sons électroniques) alimentés par des cellules solaires. L’idée de travailler dans un site naturel n’était pas ma préoccupation principale, même si certains de ces dispositifs avaient déjà été installés dans des jardins ou des parcs (un des premiers a eu lieu dans un parc, à Neerjinen en Hollande en 1988. La première version de Trama a été installée dans un jardin réalisé par l’architecte Hiroshi Naruse et l’Atelier Kaba pendant le Festival des Jardins à Chaumont sur Loire en 2008).

Dans la forêt il y avait partout des branches entre lesquelles il était facile de tendre des fils pour suspendre les cellules — ce qui m’a également amené à m’intéresser au travail des araignées et à toute sorte de tissages et d’entrelacs… Les variations d’intensité de la lumière à travers les feuillages produisaient des effets imprévisibles. Je me suis peu à peu intéressé aux relations qui semblaient se produire entre les sons électroniques et les bruits du vent dans les feuillages, les insectes et les oiseaux. Cette question a fini par me préoccuper. Sur les enregistrements on a parfois du mal à distinguer les sons électroniques des bruits du vent et des insectes, le microphone ne faisant pas de différence entre ce qui est artificiel et ce qui est naturel. Au plus on y pense, au plus cette distinction devient difficile à faire et n’a plus vraiment de sens. Les questions ont poussées comme les champignons en automne. Un dispositif sonore qui « fonctionne » ne se referme pas sur lui-même; il invite à l’exploration du lieu où on l’installe. 

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Ramifications

Concert d’ouverture
Dans la Maison du Parc des Guilands

le 9 septembre 2017 à 16h30

Ramifications fait partie des pièces telles que Fragments d’onde* et Filaments* qui se sont développées parallèlement à Trama, à partir des mêmes sources sonores. Il s’agit de plusieurs oscillateurs — générateurs de sons — interconnectés à l’intérieur d’une sorte de métier électronique en constante évolution. Les signaux délivrés par les oscillateurs sont assez inhabituels du fait que les appareils sont alimentés par des cellules solaires et que la tension évolue au gré des variations d’intensité de la lumière naturelle. Ces pièces ne peuvent être jouées qu’à la lumière du jour, et les conditions météorologiques ont une grande influence sur leur déroulement.  

*Fragments d’onde  a été jouée pour le vernissage de l’exposition Jeux d’espace de Jackie Matisse en 2013. Filaments a eu lieu pendant l’Audible Festival à Bagnolet en 2015. Plusieurs extraits sonores se trouvent sur https://olliviercoupille.bandcamp.com

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Informations :

https://openagenda.com/lutherieurbaine/events/installation-sonore-concert-trama?lang=fr

 

 

Dans la forêt de David Tudor (4)

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Renko Dempster a dit que David Tudor lui avait une fois confié que s’il n’avait pas déjà été continuellement en train d’entrelacer ses câbles, il aurait voulu être tisserand, comme elle… L’électronique transforme tout dispositif sonore en un fouillis de fils de telle sorte que l’on ne distingue plus précisément les sorties des entrées ; au cours de la performance une entrée peut devenir une sortie et vice-versa. Les sons naissent à n’importe quel point de la chaîne. Le monde dont nous faisons l’expérience est véritablement continuellement, interminablement, en train de venir à l’être autour de nous à mesure que nous tissons, écrit Tim Ingold.

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Dans la forêt de David Tudor (4)

Thierry Madiot, Thomas Tilly, Ollivier Coupille
Le 22 avril 2017 de 18h à 22h au LULL

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« Dans la Forêt de David Tudor » est une oeuvre réalisée en collaboration avec Thierry Madiot, et Thomas Tilly (et Boris Allenou pour les deux premières performances). Chacun des musiciens qui participe à ce projet élabore indépendamment son propre matériel sonore dans un espace ouvert par les objets résonants. Certains sont suspendus, d’autres simplement posés au sol ; ils sont mis en vibration par des transducteurs*, qui sont des sortes de haut-parleurs « vibreurs » directement fixés aux objets — des plaques de métal, de bois, des tuyaux, des ressorts, des récipients divers…

On peut utiliser des enregistrements, des générateurs électroniques, et d’autres sources encore pour mettre les objets en vibration. On peut parfois entendre directement les objets résonner, mais leurs vibrations sont généralement captées par des micros de contact (la plupart du temps des disques piezo), qui sont aussi fixés directement sur les objets et reliés à un système d’amplification plus conventionnel. Les sons sont « passés » à travers les objets (ils ne sont pas directement transmis à l’air par les haut-parleurs).

On n’écoute pas seulement avec ses oreilles, il y a quelque chose comme une exploration de la matière au moyen des sons — une forme d’écho-location —, nous sommes à l’écoute des choses qui nous écoutent. Nous nous réfléchissons les unes les autres de telle sorte qu’il n’y a plus ni choses ni quelqu’un qui écoute. Il n’y a plus que des remous dans le courant (avec parfois des îlots éphémères).

La performance dure plusieurs heures et les auditeurs ne sont pas censés rester du début à la fin. Ils peuvent aller et venir. Ils peuvent se déplacer — eux-mêmes fluer — à l’intérieur d’un champ sonore dont les limites ne sont pas clairement définies et qui n’a ni centre ni but.

Cette pièce trouve bien évidemment son origine dans l’oeuvre fameuse de Tudor, Rainforest (1968).

* La transduction renvoie à la conversion des signaux sonores d’un médium à un autre.

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Dans la forêt de David Tudor (3)

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Version 2.

Écoutant, nous sommes écoutés. Nos oreilles naissent dans le cours des sons. Forest Speech est le titre d’une des dernières versions de Rainforest. Pour Tudor, une oeuvre « était révélée » au cours de la performance. Il a dit à propos de Rainforest que la pièce s’enseigne d’elle-même parce qu’on découvre comment programmer le dispositif en écoutant ce qu’il aime recevoir. C’est la réponse des « objets » à certains stimuli, la résonance, qui nous guide ou nous incite à agir. Les choses parlent. Nous devons apprendre à parler aux choses — plutôt que de parler des choses. An electronic ecology était un terme souvent utilisé par Tudor pour décrire Rainforest

Dans la forêt de David Tudor

Thomas Tilly, Thierry Madiot, Ollivier Coupille

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Les informations se trouvent ici:

https://lieumultiple.org/8793/dans-la-foret-de-tudor-ollivier-coupille-thierry-madiot-et-thomas-tilly-fra/

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David Tudor : La Voix du Milieu

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Quelques pas à travers l’œuvre de David Tudor

Notamment dans ses collaborations avec Jackie Matisse, John Cage et Merce Cunningham

Au Pôle numérique de l’école des Beaux-Arts de Paris

Mercredi 30 novembre de 14 à 18h.

Dérives vers la zoomusicologie, la biomimétique, l’écosophie et l’économie « bleue »…

Prochaine conférence à Poitiers en avril 2017

Dans la forêt de David Tudor (2)

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David Tudor disait à propos de Rainforest que la première chose à faire était de fixer un transducteur à un objet de manière à pouvoir écouter comment il résonne en réponse à diverses stimulations. En fait, les objets mis en vibration se mettent aussitôt à bruire, à produire toutes sortes de sons qui ne se trouvaient pas dans le signal d’origine et à faire leur propre musique. Dès lors, comme l’a remarqué Bill Viola, on ne serait plus tenu de penser la génération de la musique électronique commençant à partir du signal-source pour aboutir à sa reproduction en sortie, on pourrait très bien faire le contraire, partir de la fin et remonter le cours pour arriver au signal-source…     

                                                                                                                                                                 

Dans la forêt de David Tudor

Boris Allenou, Ollivier Coupille, Thierry Madiot

Performance le 1er octobre 2016

Les informations se trouvent ici:

http://www.instantschavires.com/festival-maad-in-93dans-foret-de-tudor-ollivier-coupille-thierry-madiot-boris-allenou18h22h-entree-libre/

Dans la forêt de David Tudor (1)

David Tudor aurait dit ou écrit en 1978 (c’est à dire 10 ans après la création de Rainforest): J’ai découvert tout le principe de Rainforest lorsque j’étais en train d’essayer de renverser la pensée courante au sujet du commencement et de la fin dans une chaîne électronique. J’ai découvert que ce que je voulais, c’était toute une forêt – c’est pourquoi j’ai appelé ça Rainforest – c’était toute une forêt de voix individuelles. Et alors il devînt clair pour moi que je devais commencer par la fin avec les haut-parleurs. En fait, dans le dispositif électro-acoustique utilisé pour Rainforest, le haut-parleur ne se trouve pas véritablement à la fin de la chaîne de composants, mais plutôt au milieu : Dans Rainforest, le haut-parleur est remplacé par un transducteur (qui est en fait une sorte de haut-parleur sans cône) attaché à un objet résonant, qui est ainsi mis en vibration. Ce « haut-parleur » est donc aussi un filtre, car il colore le son qu’on lui transmet d’une manière spécifique, selon la matière dont il est fait, métal, bois ou plastic… Tous les matériaux ne sont pas de bons résonateurs ; c’est par un processus d’essais et d’erreur que l’on détermine lesquels fonctionnent bien et offrent le plus de possibilités. Tudor a plusieurs fois décrit Rainforest comme une pièce qui s’enseigne d’elle-même (a piece which “teaches itself”), écrit Matt Rogalsky. Et john Driscoll : Les musiciens créent chacun indépendamment le caractère sonore de l’oeuvre à partir de l’exploration des objets. Les objets ne répondent pas bien s’ils ne reçoivent pas ce qu’ils aiment (…) Finalement ce sont les objets qui suggèrent au musicien quels sont les types de matériel sonore qui les excitent plutôt qu’une décision particulière.

« Dans la forêt de David Tudor » nous sommes donc « au milieu » : il n’y a pas vraiment de commencement ni de fin, et il n’est plus question d’une activité orientée vers un but. Nous sommes entrés dans la forêt, et l’on ne va pas dans la forêt en droite ligne, même si certaines pistes ont déjà été ouvertes…

Dans la forêt de David Tudor

Boris Allenou, Ollivier Coupille, Thierry Madiot
Performance au LULL le 4 juin 2016
Les informations se trouvent ici:

https://fr-fr.facebook.com/events/278985852433683/

 

 

 

Mise à jour de décembre 2015

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Plusieurs pistes ont été récemment ajoutées sur bandcampNotamment des extraits des performances : « Seuils » dans la chapelle Saint Jean de Dieu à Lyon, pendant Passage de la lumière en mai 2015, et « Filaments », au LULL à Bagnolet,  pendant l’Audible festival en septembre 2015.

Les plages de ce recueil s’étalent sur ces 3 dernières années, de 2013 à 2015. De l’une à l’autre les sources sonores utilisées sont quasiment identiques – bien qu’entre chaque performance le dispositif soit remis en chantier… Il ne s’agit que d’un seul tissu, dont des parties apparaissent ici et là, et qui change, selon les circonstances.

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Dispositif @Sofi Hémon 2

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Filaments (installation et performances)

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Au cours de l’Audible Festival en septembre 2015  :

http://www.instantschavires.com/spip.php?article1225

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Un dispositif sonore électronique est il un système vivant? En tout cas il fait partie d’un système vivant, et d’une certaine façon, il peut contribuer à compliquer les limites entre le vivant et le non-vivant, si tant est qu’il y ait quelque utilité à diviser le monde ainsi.  (Suite dans « Fagot de notes » – page Travaux en cours/Textes)

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FILAMENTS détail d'installation au LULL pendant l'Audible Festival en 2015©OC

FILAMENTS détail d’installation au LULL pendant l’Audible Festival en 2015©OC

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Ce dispositif est en partie constitué de plusieurs oscillateurs (générateurs de sons électroniques) dont certains sont suspendus dans l’espace, et fonctionnent à l’énergie solaire. Ils forment une sorte de tissu sonore, un peu intemporel, dont les motifs varient selon l’intensité de la lumière, et qui s’écoule tout au long du jour. D’autres sons, de même nature, sont travaillés sur un dispositif spécifique, indépendant, est dispersés dans l’espace au cours de plusieurs performances. 

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Ollivier Coupille/FILAMENTS septembre 2015 ©André Avril

Ollivier Coupille/FILAMENTS pendant l’Audible Festival en septembre 2015 au LULL à Bagnolet ©André Avril

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La lumière naturelle change continuellement, d’instant en instant (les cellules solaires sont sensibles à des variations auxquelles nous ne faisons, d’habitude, pas attention).  Du fait que la lumière est tout le temps en train de changer, et que ces changements sont imprévisibles, il n’est plus question d’arriver à quoi que ce soit. Il n’est pas non plus possible d’avoir un contrôle total du processus. Toute pièce est, dès le départ, inachevée, et le reste.  Je ne peux jouer que lorsqu’il fait jour, mais les régions acoustiques les plus intéressantes se situent souvent aux crépuscules, quand les choses sont incertaines, ou hésitantes…

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FILAMENTS détail du dispositif

FILAMENTS détail du dispositif

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Passage de la lumière : Seuils (concerts & installation)

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Quand toutes les choses se sont défaites, quand elles ont perdu leurs contours, il reste une succession de seuils, des couches plus ou moins denses et opaques, qui s’étalent à l’infini, et se voilent les unes les autres, ou s’entremêlent de diverses façons.  (Suite dans « Un fagot de notes » – page Travaux en cours/Textes)

Seuils/performances dans la chapelle de l'hôpital St Jean de Dieu à Lyon pendant "Passage de la lumière" en mai 2015

Ollivier Coupille/Seuils performances dans la chapelle de l’hôpital St Jean de Dieu à Lyon pendant « Passage de la lumière » en mai 2015  ©André Avril

Une partie du dispositif est suspendu dans l’espace et fonctionne à l’énergie solaire. Il forme une sorte de tissu sonore, un peu intemporel, dont les motifs varient selon l’intensité de la lumière, et qui s’écoule tout au long du jour.

D’autres sources (également sensibles aux variations de la lumière) sont reliées à un second dispositif, lequel comprend plusieurs filtres, mixeurs, et amplificateurs qui sont activés lors de la performance. Il ne s’agit pas vraiment d’un « instrument », plutôt d’un assemblage, d’un branchement provisoire, lié aux circonstances.

La lumière naturelle change continuellement, d’instant en instant (les cellules solaires sont sensibles à des variations auxquelles nous ne faisons, d’habitude, pas attention).

Ces changements sont imprévisibles, il n’est plus question d’arriver à quoi que ce soit. Il n’est pas non plus possible d’avoir un contrôle total du processus. Toute pièce est, dès le départ, inachevée, et le reste.

En quelque sorte, par le biais de la technologie, on retrouve une sorte de maquis, une zone acoustique trouble, où les choses sont encore confuses, en formation, avec des passages difficiles, où l’on s’égare.

Seuils/détail d'installation dans la chapelle, mai 2015 ©OC

Seuils/détail d’installation dans la chapelle, mai 2015 ©OC

Un reportage vidéo se trouve ici:

http://www.goo-ltd.fr/

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